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44 millions d’euros de chantiers en retard, le grand enlisement des investissements

À l’approche des élections, la municipalité a multiplié les annonces de « grands travaux ». Louis Aliot a promis 55 millions d’euros d’investissement pour l’année 2025. Mais l’examen des documents comptables officiels et de l’audit financier de 2021 révèle une réalité bien plus laborieuse : derrière les images de synthèse, la machine municipale est incapable de terminer ce qu’elle commence, accumulant une dette qui engagera la ville jusqu’en 2046.

Le mythe du « passif » financier : Une ville saine en 2020

La municipalité justifie souvent ses difficultés par un héritage dégradé. Pourtant, l’Audit Financier réalisé par le cabinet SPQR en mars 2021 (payé 21 840 €) est formel : Perpignan était en excellente santé à l’arrivée de Louis Aliot.
Dette maîtrisée : La capacité de désendettement n’était que de 5,1 ans en 2020 (le seuil d’alerte est à 10 ans).
Épargne doublée : Les bénéfices de fonctionnement avaient doublé entre 2014 et 2020.
Louis Aliot a hérité d’une machine financière performante, dotée d’une marge de manœuvre immense qu’il a aujourd’hui largement consommée.

L’embouteillage des travaux : 44,3 millions d’euros de promesses en suspens

L’audit de 2021 avait prévenu : la mairie vote systématiquement plus de dépenses de travaux qu’elle n’est capable d’en réaliser. Quatre ans plus tard, le blocage est total.
Au 1er janvier 2025, Perpignan traîne un stock de 44 291 331 € de « Restes à Réaliser » (RAR). Ce sont des chantiers votés, engagés juridiquement, mais jamais terminés ou payés à la fin de l’année. En 2024, sur les 141,5 millions d’euros de crédits d’investissement ouverts, la ville n’a pu en consommer réellement que 69,6 millions. En clair, la mairie échoue à réaliser plus de la moitié (51 %) de ce qu’elle promet budgétairement.

Opacité budgétaire : Des millions d’euros « en attente »

Pour masquer cette saturation, la ville utilise des lignes budgétaires floues. Le budget 2025 liste encore des dizaines d’« OPÉRATIONS EN ATTENTE » où stagnent des fonds sans projet défini (ex: Opération n°166 pour 199 709 €).
Pendant ce temps, les chantiers concrets sont bloqués dans les retards accumulés.

La fuite en avant par l’endettement massif

L’épargne de la ville ayant fondu, la municipalité doit désormais puiser 27 millions d’euros dans ses réserves pour équilibrer son budget 2025. Pour financer ses annonces de fin de mandat, elle repart vers l’endettement.
Le 4 décembre 2025, la ville a souscrit 15,5 millions d’euros de nouveaux prêts. Le contrat signé avec la Banque Postale pour le stade Gilbert Brutus engage les contribuables perpignanais jusqu’au 1er janvier 2046.

Des rubans coupés, mais une ardoise brûlante

En ignorant les préconisations des audits de 2021 qui appelaient à une gestion rigoureuse du management et des investissements, la municipalité s’est enfermée dans une impasse technique. Le stock massif de 44 millions d’euros de chantiers en souffrance prouve que la mairie ne peut plus suivre son propre rythme de communication. Les Perpignanais paieront encore longtemps pour cette stratégie de « vitrine » destinée à masquer une administration totalement grippée.

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