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Musée Rigaud 2025 : –20 % de Fréquentation, +81 % de Subventions – Le Bilan Accablant de la Régie Municipale

En sept ans, le Musée d’Art Hyacinthe Rigaud a perdu des visiteurs, multiplié les gratuits et s’est enfermé dans une dépendance toxique aux deniers publics. Le rapport 2025 de la CCSPL révèle une vérité crue : sans réforme radicale, ce « succès » culturel coûtera de plus en plus cher… aux Perpignanais.

1. Une fréquentation en déclin sur sept ans

Évolution du nombre de visiteurs totaux et analyse (2017-2024)

Evolution de la fréquentation depuis 2017

Constats clés :

  • 2017 : Pic de fréquentation avec 68 885 visiteurs.
  • 2020-2021 : Effondrement lié à la crise sanitaire.
  • 2022-2024 : Rebonds partiels, mais la fréquentation totale reste inférieure à celle de 2017-2019.
  • La part des gratuits augmente (de 31 % en 2017 à 45 % en 2024), signe d’une dépendance accrue à ce levier.

2. Une dépendance croissante aux subventions publiques

Les recettes propres (billetterie, boutique, mécénat) ne couvrent qu’une minorité du budget :

Evolution des subventions depuis 2019

Les subventions municipales représentent 81 % des recettes en 2024, contre 71 % en 2019.

Les autres recettes (État, Région, mécénat) ont chuté de 48 % depuis 2019.

La boutique reste déficitaire chaque année.

3. Une gestion en régie municipale sous pression

Les dépenses ont été réduites de 16 % entre 2019 et 2024, avec une baisse notable des charges de personnel et des charges de fonctionnement.

Evolution des dépenses depuis 2019

Conséquences :

  • Moins de moyens pour la médiation, la conservation et les investissements.
  • Un récolement des collections (inventaire) qui progresse lentement (75 % en 2024).

Le Modèle est à Bout de Souffle : Que Faire ?

La régie municipale a su contenir les dépenses, mais ce contrôle budgétaire ne suffit pas à masquer les défaillances profondes du système :

  • Absence totale de diversification des revenus : Le mécénat est quasi inexistant, les partenariats privés restent marginaux, et les événements payants brillent par leur absence. Résultat : le musée dépend presque exclusivement des deniers publics, sans filet de sécurité.

  • Instabilité financière chronique : Les subventions, principales sources de financement, varient de 1,2 million à 1,7 million d’euros selon les arbitrages politiques, sans visibilité à long terme. Une situation intenable pour une institution qui se veut pérenne.

  • Un cercle vicieux s’installe : La baisse des visiteurs payants réduit les recettes propres, ce qui accroît mécaniquement la dépendance aux subventions. Pire, cette précarité financière limite les moyens d’action pour inverser la tendance, créant un effet domino dangereux.

Un constat implacable : Sans changement radical, le Musée Rigaud risque de devenir un poids croissant pour les finances publiques, sans garantie de pérennité ni de qualité pour le public.

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