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Perpignan 2026 : Bienvenue au R.N.P.S., le Rassemblement National des Petits Systèmes

En 2020, Louis Aliot a conquis Perpignan en agitant le drapeau du dégagisme. Il promettait de rompre avec le « clientélisme et le copinage » qui, selon lui, caractérisaient les décennies Alduy et Pujol. Six ans plus tard, la liste « Continuons ensemble » pour le scrutin de mars 2026 révèle une réalité tout autre : la naissance du R.N.P.S. (Rassemblement National des Petits Systèmes).
Ce n’est pas une ouverture, c’est une capitulation. C’est l’aveu qu’après un mandat, le Rassemblement National est incapable de produire ses propres cadres et doit recycler l’ancien système pour espérer survivre.

Le Grand Recyclage : Les masques de l’U.M.P.S. tombent

Louis Aliot aimait fustiger le « système UMPS ». Aujourd’hui, il en est le principal conservateur. Sa liste 2026 marque le retour en force de la clique de Pujol. On y retrouve des piliers de l’ancienne majorité LR que le maire RN qualifiait autrefois de « scandaleux » :
  • Chantal Bruzi (10e position), l’ex-adjointe à la sécurité de Jean-Marc Pujol 
  • Pierre Parrat (21e position), ancien premier adjoint et élu à l’urbanisme du précédent mandat
  • Isabelle De Noëll-Marchesan (14e position), élue sous Alduy et ancienne colistière du macroniste Romain Grau
En intégrant ces notables et des figures comme l’ancien président du Tribunal de Commerce Alain Cavalière (23e), Aliot tente une opération de notabilisation pour rassurer les réseaux économiques. Mais ce faisant, il trahit l’essence même de son élection de 2020 : la promesse d’en finir avec les réseaux d’hier.

Le Cas Dahine : Le mariage de la carpe RN et du lapin Pujoliste

Le symbole le plus flagrant de ce R.N.P.S. est l’intégration de Fatima Dahine à la 18e placeC’est un véritable séisme politique qui fait s’étrangler jusqu’aux propres élus d’Aliot, conscients qu’ils vont « passer pour des cons » devant les électeurs.
L’historique des relations entre Aliot et Dahine est un catalogue de haine politique :
  • L’accusation de 2013 : Louis Aliot dénonçait avec virulence le « scandale » du Perpignan Basket Club, ciblant nommément Fatima Dahine. Il l’accusait de « conflit d’intérêt » et de « dérive financière ».
  • L’affrontement de 2021-2024 : Suite à la démission d’Aliot de l’Office HLM, Fatima Dahine avait pointé son absentéisme chronique. L’entourage d’Aliot dénonçait alors son élection à l’office comme une « reconstruction du système » et un « mariage clientéliste ».
Aujourd’hui, le scandale d’hier est devenu la colistière d’aujourd’hui. Comment peut-on prétendre combattre un système dont on recrute la figure de proue, qui plus est la compagne même de l’ancien édile ?
De plus, la proximité entre Fatima Dahine et Michel Sitja, ancien directeur de cabinet de Jean-Marc Pujol et figure centrale des contentieux avec Louis Aliot, laisse planer la possibilité d’un retour de ce dernier dans les couloirs de la mairie. Rappelons que lors de la campagne de 2020, Aliot avait dénoncé les méthodes de Sitja, alors directeur de l’Office HLM, l’accusant d’avoir effectué des « pressions et manipulations par le biais d’attributions de logements ou de rénovation aux fins de la campagne électorale de Jean-Marc Pujol ». Bien que ces poursuites aient été abandonnées un an plus tard, l’ironie est totale : Aliot, en ouvrant aujourd’hui sa liste à Fatima Dahine, recrée le pont vers l’homme qu’il voulait hier traîner devant le procureur.

Une défaite du système RN local 

Ce virage à 180 degrés démontre la pauvreté de l’appareil RN. Si Louis Aliot doit aller chercher les cadres de Pujol, c’est qu’il n’a pas réussi à former une élite municipale capable d’exercer le pouvoir. Pour paraître opérationnel, il doit fusionner avec les réseaux qu’il prétendait abattre.
En 2012, Aliot affirmait : « Il faut rendre à Perpignan sa liberté… en dehors des systèmes de clientèles ». En 2026, avec le R.N.P.S., il propose l’inverse : une coalition de notables et de petits systèmes locaux unis pour conserver leurs sièges.
Le « changement » promis n’était qu’une illusion d’optique. Louis Aliot a fini par devenir le nouveau parrain d’un système recyclé, où les adjoints de Pujol et la compagne de ce dernier siègent désormais à la droite du chef RN. Plus que jamais, à Perpignan, les masques sont tombés.

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