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Comment le RN a sacrifié Perpignan sur l’autel de son ambition nationale

Perpignan n’est pas gérée, elle est mise en scène. Derrière le marbre rose des trottoirs du centre-ville, Louis Aliot a simplement recyclé le système Pujol et délaissé les quartiers les plus pauvres pour servir de vitrine nationale au Rassemblement National. À deux ans des élections présidentielles de 2027, le bilan est sans appel : une communication à outrance, des promesses non tenues, et une stratégie purement électorale. Quand l’image prime sur l’action.

La fin du système ? Non, son recyclage intégral

Louis Aliot a été élu en 2020 en promettant de renverser le système clientéliste des années Alduy et Pujol. Pourtant, maintenant élu, il s’empare des mêmes réseaux, avec le ralliement massif de l’ancienne garde pour le prochain mandat. Sur sa liste actuelle, on dénombre onze anciens colistiers de Jean-Marc Pujol, dont son ancien premier adjoint Pierre Parrat et sa propre compagne, Fatima Dahine.

Les projets ? Les mêmes.

Les méthodes ? Identiques.

Seule la couleur politique a changé.

Derrière l’artifice de la dédiabolisation nationale, Louis Aliot a opéré une véritable fusion-acquisition avec l’ancienne droite locale. Loin de la rupture promise, il camoufle un bilan sans imagination derrière le recyclage massif des dossiers de l’ère Pujol, qu’il a d’ailleurs repris dans leur quasi-totalité.

Sécurité : une vitrine en carton-pâte

Le maire communique lourdement sur ses 200 policiers municipaux et son arsenal de caméras. Mais les chiffres racontent une autre histoire : le parquet de Perpignan note une délinquance en « augmentation constante ». La ville est qualifiée de « vitrine brouillonne » où la communication hyperactive tente de masquer des indicateurs de sécurité qui restent obstinément dans le rouge. La gestion de la police est de plus ternie par les méthodes musclées de Philippe Rouch, qualifié par certains observateurs de « caïd » de la municipale.

L’envers du décor : Le sacrifice de Saint-Jacques

Au-delà du centre-ville ripoliné, le quartier Saint-Jacques incarne la face sombre de la vitrine municipale. Alors que Perpignan concentre les trois quartiers les plus pauvres de France métropolitaine, la gestion actuelle semble privilégier une logique de séparation sociale et ethnique plutôt que d’intégration. Sur le terrain, l’abandon est flagrant : des immeubles en ruine soutenus par des étais de fer et des dizaines de familles expulsées sans aucun horizon de relogement. Ce délaissement est le fruit de choix budgétaires purement idéologiques. Pendant que la mairie alloue plus de 100 000 euros de subventions à des structures comme le Cercle algérianiste, ancré dans la nostalgie coloniale, elle asphyxie les associations sociales de proximité qui tentent de maintenir un lien dans les quartiers populaires.
En réalité, cette stratégie vise à effacer les populations les plus précaires de la « carte postale » idéale du Rassemblement National, laissant les habitants face à un délabrement urbain et une insécurité croissante que les effets d’annonce ne parviennent plus à masquer.

Le pacte secret pour 2026

L’ambition d’Aliot dépasse désormais les frontières de la ville. Pour conquérir la Métropole en 2026, il aurait scellé des accords de non-agression dans certaines communes : pas de candidats RN chez eux, en échange de leur soutien.

Plus cynique encore, sa possible inéligibilité judiciaire (affaire des assistants parlementaires) serait devenue une monnaie d’échange : si la justice le fait tomber, son premier adjoint récupérera les rênes.

Aliot ne gère pas.

Il met en scène.

La preuve : malgré les ratés, le RN en fait un modèle. Mais pour les Perpignanais, le quotidien reste le même : quartiers abandonnés, insécurité persistante et une mairie plus occupée à briller qu’à agir.

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