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Mairie de Perpignan : L’audit à 100 000 € qui dort dans un tiroir

En juillet 2021, la municipalité de Perpignan déboursait 95 280 € TTC pour un « Audit organisationnel et managérial » réalisé par la société SPQR. Ce document devait être la boussole du mandat : il contenait un diagnostic sans filtre et, surtout, une feuille de route précise pour réformer une administration à bout de souffle. Quatre ans plus tard, l’analyse des faits et des chiffres officiels du Rapport Social Unique (RSU) 2024 est sans appel : les actes n’ont jamais suivi les paroles.

Absentéisme : Le remède a été ignoré, le mal s’est aggravé

L’audit de 2021 qualifiait l’absentéisme d’« institutionnalisé » (308 agents absents par jour en 2020) et préconisait de s’attaquer aux causes profondes du mal-être pour stabiliser les coûts. Louis Aliot affirmait alors : « Vous verrez que vers la fin du mandat, nous arrivons à un chiffre beaucoup moins élevé ».
Le constat en 2024 : C’est l’inverse qui s’est produit. Après une accalmie, les jours d’absence pour maladie ordinaire chez les fonctionnaires ont bondi de 25 % en un an, passant de 26 410 jours en 2023 à 33 012 jours en 2024. Plutôt que de soigner le management, la mairie a continué de financer des remplacements précaires, recrutant 297 agents contractuels différents pour « accroissement temporaire d’activité » sur la seule année 2024

Levier managérial : Le « NON » systématique au CIA

Pour remobiliser les troupes et valoriser l’engagement plutôt que le favoritisme, les experts recommandaient d’activer un levier essentiel : le CIA (Complément Indemnitaire Annuel), une part variable de rémunération basée sur la manière de servir.
Le constat en 2024 : Malgré cette recommandation explicite pour « activer l’engagement », le RSU 2024 confirme que la municipalité répond toujours « NON » à la mise en place de ce levier. La mairie a préféré laisser filer la masse salariale globale (+17 millions d’euros sur le mandat) sans jamais introduire de critères de performance ou de mérite

Santé au travail : La capitulation officielle

Au moment précis où les arrêts maladie bondissent de 25 %, la ville renonce officiellement à structurer la prévention du burn-out ou du mal-être au travail.
C’est le point le plus révélateur de l’abandon des réformes. L’audit demandait de stopper le processus « qui produit des agents inaptes ». En 2022, la ville affichait fièrement un plan de prévention des risques psychosociaux (RPS) « En cours ».
Le constat en 2024 : Le chantier a été tout simplement abandonné. Pour la deuxième année consécutive, le rapport officiel indique désormais un « NON » catégorique concernant l’existence de ce plan. Au moment où les arrêts maladie explosent de 25 %, la municipalité renonce à protéger la santé mentale de ses agents.

Bureaucratie politique : Les « circuits parallèles » pérennisés

Les experts mettaient en garde dès 2021 contre un « réseau de chargés de mission » et une ingérence des élus qui désorganisent les directions de métier en créant des circuits de décision parallèles.
Le constat en 2024 : Loin de simplifier l’organigramme, la mairie a maintenu ses structures de cabinet et multiplié les recrutements directs. Cette bureaucratie politique pèse sur l’efficacité : le coût de fonctionnement par habitant est passé de 1 201 € à 1 549 €.
Pendant que l’adjoint aux Ressources Humaines, François Dussaubat, explique mener un « travail de titan » en traquant le prix « des feuilles de papier et des stylos », la ville est incapable de gérer ses grands équilibres humains et financiers

Un gâchis humain et financier

Louis Aliot invoque souvent « l’alternance politique inédite » pour justifier les difficultés. Mais après avoir payé un audit près de 100 000 € pour identifier les remèdes, choisir de ne pas les appliquer est une faute de gestion.

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