« La Ville est à la diète. » C’est ce qu’affirme Louis Aliot, maire de Perpignan, dans les médias locaux. Pourtant, les chiffres officiels racontent une tout autre histoire : depuis 2020, la masse salariale de la mairie a explosé de 17 millions d’euros par an, passant de 90,76 M€ à 107,81 M€. Une hausse vertigineuse, qui place Perpignan au-dessus de la moyenne nationale en termes de rigidité administrative. Alors, diète ou gabegie ? Décryptage d’une dérive financière qui sent le faux-semblant à plein nez.
Le chiffre qui claque : +17 millions d’euros sous Aliot
Les données sont sans appel :
- 2020 : 90,76 M€ de dépenses de personnel.
- 2025 : 107,81 M€, soit +17,05 M€ par an.
Le ratio est inquiétant : 60,77 % des dépenses de fonctionnement sont consacrées aux salaires en 2022 (contre 59,10 % en moyenne pour les villes de plus de 100 000 habitants).
Résultat ? Une ville plus chère, plus rigide, et moins capable d’investir que ses voisines. Pourquoi ? Parce que chaque euro englouti par les salaires est un euro en moins pour les services publics, les équipements, ou la baisse des impôts.
Mais où est passée cette manne ?
Le paravent de la Police Municipale : 10 % de la hausse, 100 % de communication
Pour justifier cette explosion, Louis Aliot et son équipe brandissent le recrutement de 38 policiers municipaux (passant de 161 à 199 agents).
Le problème est que le coût annuel de ces 38 policiers représenterait une estimation de 1,78 M€ (soit 10 % de la hausse totale).
Où sont passés les 15,27 M€ restants ?
L’argument sécuritaire est un leurre. Et pire, malgré ces recrutements, la délinquance reste en hausse (vols, dégradations, violences). La sécurité coûte cher… mais ne rapporte rien.
Et surtout, cela ne justifie en rien une explosion des dépenses.
« C’est la faute à l’État » : le bouc émissaire facile
La mairie accuse l’État : hausse du point d’indice, cotisations retraites, etc. Ces contraintes représenteraient 8,6 M€ de la hausse. Mais même en additionnant ces coûts et ceux de la Police Municipale, il reste un trou de 7 M€ par an.
Une dérive 100 % locale, 100 % assumée par Aliot et son équipe.
La vérité, c’est que :
- Aucune réforme structurelle n’a été engagée pour maîtriser les coûts.
- Aucune rationalisation des effectifs ou des indemnités.
- Aucune transparence sur l’affectation de ces millions.
Le résultat est une administration obèse, où chaque euro dépensé en salaires est un euro volé aux Perpignanais.
Une rigidité bureaucratique qui étouffe la ville
Sous Aliot, Perpignan se distingue (malheureusement) :
- 60 % du budget de fonctionnement est englouti par les salaires (contre 59 % en moyenne nationale).
- Aucune marge de manœuvre pour baisser les impôts ou investir dans les quartiers.
- Une dette qui s’alourdit, car la mairie doit emprunter pour financer ses propres rouages.
Et pourtant, les audits de 2021, commandés par Aliot lui-même, avaient tiré la sonnette d’alarme. « En 2019, l’absentéisme représentait 56 000 jours ouvrés, soit l’équivalent de 246 équivalents temps plein, pour un coût estimé entre 5 et 7 millions d’euros par an », alertait le rapport. « Les régies municipales (Palais des Congrès, Musée Rigaud) sont gérées sans transparence ni pilotage stratégique », ajoutait-il, recommandant leur mutualisation sous les directions opérationnelles. « Il est urgent de réduire les effectifs de 5 à 10 % et de former les managers », insistaient les experts.
Trois ans plus tard, aucune de ces mesures n’a été appliquée. Pire : la masse salariale a explosé de 17 millions d’euros, et l’absentéisme reste à un niveau record. Une gabegie organisée, assumée, et payée par les Perpignanais.
Le grand mensonge de la « diète » budgétaire
Louis Aliot se félicite d’économiser sur les stylos et les ramettes de papier, mais il laisse filer 17 millions d’euros par an en dépenses salariales inutiles.
Les Perpignanais ont le droit de savoir :
- Où sont passés les 15,27 M€ non expliqués ?
- Pourquoi aucune des recommandations des audits n’a été appliquée ?
La mairie de Perpignan n’est pas « à la diète ». Elle est en surpoids bureaucratique. Et ce sont les contribuables qui paient l’addition.


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