La mairie de Perpignan affiche fièrement, dans ses rapports sociaux uniques, un index égalité en progression de 66/100 en 2023 à 73/100 en 2024. Mais derrière ces chiffres officiels se cache une vérité bien plus sombre : celle d’une régression organisée des droits des femmes. Décryptage d’une gestion des ressources humaines qui pénalise durablement les femmes, particulièrement au sommet de la hiérarchie.
Le « Top 10 » des salaires : la fin de la parité
Le chiffre le plus révélateur de ce mandat reste l’évolution des dix plus hautes rémunérations de la Ville. En 2020, année de l’élection, la parité semblait progresser avec 4 femmes pour 6 hommes dans ce classement. Dès 2021, la situation a radicalement changé : 0 femme et 10 hommes, une année « blanche » historique pour la représentativité féminine. Depuis, la situation stagne, avec une seule femme parmi les dix agents les mieux payés en 2023 et 2024. Le sommet de la mairie est redevenu un club exclusivement masculin, où la masse salariale du Top 10 a dépassé 1 million d’euros en 2023.
| Année | Masse salariale brute du Top 10 | Nombre de femmes | Nombre d’hommes |
| 2018 | 818 594,84 € | 3 | 7 |
| 2019 | 844 400,61 € | 3 | 7 |
| 2020 | 860 741,05 € | 4 | 6 |
| 2021 | 942 202,52 € | 0 | 10 |
| 2022 | 980 610,47 € | 2 | 8 |
| 2023 | 1 005 365,97 € | 1 | 9 |
| 2024 | 924 673,41 € | 1 | 9 |
Des écarts de salaires persistants malgré les discours
Les rapports démontrent que les inégalités salariales restent une réalité quotidienne :
- 4,3 % de moins pour les femmes parmi les fonctionnaires.
- 5,2 % de moins pour les contractuelles en 2024.
Pour justifier son inaction, la collectivité avance que le « traitement indiciaire » (salaire de base) ne peut être ajusté. Pourtant, elle oublie volontiers que le régime indemnitaire (les primes), outil puissant de management, est largement utilisé pour récompenser les cadres supérieurs — majoritairement des hommes.
Promotions : une stratégie de freinage déconcertante
Un autre point choquant est la politique d’avancement de grade. Alors que l’écart de promotion atteint 3,81 % en défaveur des femmes en 2024, la mairie assume dans ses rapports vouloir « diminuer la sur-représentation des agents féminins dans les avancements de grade ». Plutôt que de briser le plafond de verre, la municipalité semble piloter ses statistiques pour limiter les carrières féminines et préserver une note administrative acceptable.
À la mairie de Perpignan, l’Index égalité en hausse ne doit tromper personne : les femmes restent les grandes perdantes. Avec 1 seule représentante dans le Top 10 des salaires, des écarts persistants et une politique de promotion qui les pénalise, la réalité est sans appel. L’égalité affichée n’est qu’un écran de fumée. Les chiffres, eux, ne mentent pas.


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